Du dessein à la réalité, il n’y a qu’un pas ou plutôt un projet : Bordeaux 2030, sous-titré « vers le grand Bordeaux, pour une métropole durable ». Instauré en 2009, ce vaste plan d’urbanisation, le troisième d’une longue série initiée il y a une dix ans, fait la part belle à l’innovation et la végétalisation.

La nature s’installe en ville

Avec 605 hectares de parcs et de jardins, la cité girondine n’offre que 25 m² de verdure par habitant alors que la moyenne nationale se situe aux alentours de 31m² par habitant. Plus habituée au trio de tête des classements qu’à la fin de peloton, les espaces verts sont au centre du plan d’action de Bordeaux 2030. Apporter toujours plus de nature et de biodiversité en plein centre-ville voilà le leitmotiv de la ville. Comment ? En utilisant la moindre parcelle de terre, comme c’est le cas avec le parc aux Angéliques, une ancienne friche industrielle réhabilitée. La ville l’a transformée en véritable poumon vert, au coeur duquel s’épanouissent près de 45 000 plantes. Il sera bientôt prolongé par le quartier de Brazza où les jardins occuperont une place de choix.

Ces projets d’envergure et de longue haleine côtoient des initiatives plus modestes mais tout aussi utiles pour le développement des écosystèmes naturels en milieu urbain. Ainsi, dans le cadre de son Agenda 21, un programme d’actions instauré depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992 pour préserver la planète au cours du 21e siècle, la ville développe les jardins partagés. Une façon de sensibiliser les habitants en les impliquant à la vie locale. Les jardiniers en herbe renouent avec une consommation plus responsable en profitant d’une nourriture de saison. Attirées par tout ce pollen, les abeilles s’affairent, elles aussi, autour des plantations. Si leur bourdonnement en effraie quelques-uns, les autres citadins viennent savourer les douces essences florales après une journée de travail. De quoi cultiver, aussi, les petits bonheurs quotidiens.

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L’innovation au service du développement durable et des habitants

Si Amsterdam, la ville de demain, est toujours en avance, Bordeaux compte bien suivre ses traces en prenant le virage de la transition énergétique. Au panthéon de ses réalisations : sa cité municipale à énergie positive. Grâce, notamment, à l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit, ce bâtiment, qui concentre les services administratifs, produit plus d’énergie qu’il n’en consomme et peut donc la redistribuer. Le musée voisin des Beaux-Arts bénéficie ainsi d’une climatisation propre grâce à la géothermie froide.

Aujourd’hui, le développement durable passe aussi par l’innovation. Un important tissu de jeunes entreprises et de projets novateurs, soutenu par la ville, donne une réalité aux ambitions bordelaises, à l’image de l’écosystème Darwin. Installé au coeur de l’ancienne caserne Niel, cet espace de co-working, permet aux start-up et associations, qui partagent une conscience environnementale de mutualiser leurs compétences et donc de diminuer leur empreinte carbone. Un tourbillon dans lequel les habitants sont invités à entrer et à travailler. Désirant s’imposer comme un leader du digital, celle qu’on surnomme la « belle endormie » s’est réveillée et a créé sa cité du numérique : un espace de 27 000 m² entièrement dédié aux nouvelles technologies. Et pour attirer entreprises et employés, Bordeaux leur fait gagner du temps. Dès 2017, grâce à la nouvelle Ligne à Grande Vitesse (LVG) Tours-Bordeaux, Paris ne sera plus qu’à deux heures, au lieu de trois, de la cité girondine. Plus de raison de se priver de son climat océanique et des paysages grandioses du bassin d’Arcachon.