À l’aube des années 2000, Lyon entreprend la réhabilitation des friches industrielles de la presqu’île, qu’elle envisage par le prisme du développement durable. L’ambition initiale ? « Doubler la superficie de l’hypercentre lyonnais sans produire plus de CO2 ». Si le quartier de la Confluence ne s’achèvera qu’en 2025, il s'apparente déjà à un « territoire d’expérimentation de 105 hectares en plein centre-ville ».

Un quartier éco-responsable novateur

Entre Rhône et Saône, d’imposantes constructions cubiques toutes plus avant-gardistes les unes que les autres se dressent au bord de l’eau. Reflet de la ville du 21e siècle, le quartier de la Confluence mise sur une architecture audacieuse. L’enjeu de ces bâtiments, outre leur créativité, repose sur leur consommation énergétique. « Ces constructions de plus en plus vertueuses pour l’environnement », qu’il s’agisse de bureaux ou de logements, intègrent système de récupération des eaux de pluie, panneaux photovoltaïques, chauffe-eaux solaires…Les énergies renouvelables sont au coeur du projet Lyon Confluence. Chaque nouveau bâtiment doit ainsi y avoir recours à hauteur de 80%. Toujours dans cette même perspective, le quartier inaugure, en 2015, Hikari : le premier îlot à énergie positive d’Europe. Construit en collaboration avec la NEDO, l’agence publique japonaise pour la promotion des nouvelles énergies et des technologies industrielles et environnementales - d’où son nom qui signifie « Lumière » en japonais -, cet ensemble constitué de 3 bâtiments produit environ 0,2 % de plus d’énergie qu’il n’en consomme. Des performances énergétiques soutenues par le numérique. Hikari a, en effet, recours aux smart grids, ces réseaux intelligents qui favorisent une meilleure gestion de la consommation. « Un community management système collecte toutes les informations énergétiques du quartier pour mieux les piloter et les contrôler », résume Flavie Cluzel.

L’Humain au coeur de la Confluence

Pensé comme « un quartier mixte, où l’on vit et travaille à la fois », la Confluence accueillera en 2025 « 15 000 habitants et 25 000 salariés ». Autant de personnes qu’il convient d’accompagner dans cette mutation urbaine. Pour ce faire, le quartier s’est tourné vers l’avenir gardant en ligne de mire la qualité de vie. Privilégier la mobilité douce s’est imposé comme une priorité. « Chaque logement se situe donc à moins de 400 mètres d’une station de transports en commun ». Au total, 16 lignes de bus, 4 stations de tramway, 1 navette fluviale, 31 véhicules électriques en auto-partage, irriguent le territoire. La nature occupe elle aussi une place prépondérante au coeur de l'aménagement urbain. « De nombreux espaces verts ont été créé. On trouve des jardins partagés au coeur des immeubles, des promenades le long de la Saône et même des plans d’eau ». Une façon de réintroduire la biodiversité en milieu citadin tout en encourageant les habitants à se réapproprier cette langue de terre entre Rhône et Saône.

S’il est encore trop tôt pour mesurer l’efficacité du quartier de la Confluence, tant en ce qui concerne les émissions de CO2 que la satisfaction des habitants, il est intéressant de garder un oeil sur ce territoire, que l’on présente déjà comme l’une des vitrines de la smart city européenne au côté de la pionnière Amsterdam.