Si San Francisco a pris la tête de file des villes zéro déchet, la Californie n’a pas l’apanage des bonnes pratiques environnementales. En France, les consciences s’éveillent également et les métropoles passent à l’action. Pour preuve, en 2015, suite à une conférence de Béa Johnson, la papesse du zéro déchet, la ville de Roubaix se lance, elle aussi, dans l’aventure. Et elle voit grand puisqu’elle ambitionne de produire 80 % de déchets recyclés d’ici 10 ans. Pour autant, pas question de prendre des mesures draconiennes ni même de de moraliser les habitants. La municipalité souhaite les fédérer autour de nouvelles bonnes habitudes.

Devenir « des z’héros du quotidien »

Depuis 2015, Roubaix met en oeuvre son « défi des familles zéro déchet ». Chaque année, une centaine de familles volontaires tentent de diminuer de moitié le poids de leurs ordures ménagères. Tout commence par une semaine test, pendant laquelle les participants ne changent rien à leurs habitudes. Si ce n’est qu’ils sont priés de conserver leurs déchets pour les peser une fois les sept premiers jours écoulés. Le but ? Déclencher un déclic face à l’abondance de déchets. Pour certains, la prise de conscience est immédiate. D’autres, en revanche, ont besoin de plus de temps. Mais qu’importe, à Roubaix, il n’y a pas de perdants. Que des gagnants. Chaque famille s’engage donc vers une vie plus durable, à son rythme, mettant l’accent sur les gestes de leurs choix. Les unes se consacrent au compostage tandis que les autres luttent contre les emballages.

Une pratique gagnante-gagnante

Pour attirer des participants, Roubaix, ville populaire, mise également sur le côté économique du mode de vie zéro déchet. Cultiver ses fruits et légumes, fabriquer soi-même ses produits d’entretien et ses cosmétiques sont autant d’actions qui entraînent une baisse considérable du budget alloué aux courses. Mais encore faut-il savoir comment s’y prendre! En collaboration avec l'association Zero Waste France, qui vient d’ouvrir la première Maison du Zéro Déchet à Paris, la ville organise des ateliers initiant les familles volontaires au « fait maison ». Celles qui possèdent une parcelle de terrain peuvent également se faire prêter une poule. En plus de fournir des oeufs frais, le volatile élimine, chaque jour, 100 g de déchets. Résultat, en trois éditions, les poubelles des Roubaisiens n’ont cessé de diminuer grâce au défi. En 2016, chaque famille volontaire a ainsi produit 150 kg de déchets en moins sur toute l’année.