Créé en 1980 dans le but de protéger le dragon de Komodo, de son nom scientifique varanus komodoensis, le parc national éponyme étend peu à peu son giron et veille désormais sur l’ensemble de la faune et de la flore, ce qui lui a vaut d’être sacré réserve de biosphère par l’Unesco.

Vivier de biodiversité

À première vue, le parc national de Komodo a tout d’un rêve insulaire avec ses falaises escarpées qui se jettent à pic dans la mer de Florès (un bras de l’océan Pacifique), sa végétation aride ponctuée de quelques touches verdoyantes et ses interminables plages... Difficile d’imaginer que nous sommes en présence d’un important bastion de la biodiversité. Pourtant, sur terre comme dans les airs la vie bat son plein. Environ 70 espèces d’oiseaux survolent le parc. La canopée se fait alors caisse de résonance et partout retentissent leurs cris. En particulier celui, très aigu, du cacatoès à huppe jaune. Une cacophonie qui ne semble pas distraire les mammifères. Le cerf du Timor a d’autres préoccupations : échapper au puissant dragon de komodo. Pendant ce temps, le macaque à longue queue se prélasse, lui, sur la cime des arbres. Pour découvrir l’autre richesse du parc, il faut s’éloigner des terres et rejoindre l’ourlet de sable blanc. Là où la ligne d’horizon se confond avec le bleu du ciel et de la mer. Constitué à 70% de zone marines, ses fonds marins sont d’une incroyable diversité. À commencer par des récifs coralliens, aussi beaux que ceux de ses voisines les îles Raja Ampat, contre lesquels les vagues viennent terminer leur course. Vingt mille lieues sous les mers, un autre monde s’agite : 1 000 espèces de poissons, 70 d’éponges, 10 de dauphins et 5 de tourtes de mer, de quoi épater le capitaine Nemo !

Le dragon de Komodo, le maître des lieux

Seul endroit où le dragon de Komodo est présent, le parc national de Komodo est un endroit unique à la croisée des sciences naturelles et de l’Histoire. Comme son nom l’indique ce lézard géant ressemble étrangement à un croisement entre un dinosaure et un reptile. Et pour cause, vieux d’environ 140 millions d’années, ses origines remontent à la préhistoire, rien que ça ! Doté d’une dentition à faire frémir ses proies, d’une épaisse cuirasse en écailles, de longues griffes et d’une queue puissante, c’est un animal coriace qui a résisté à tous les cataclysmes. Aujourd’hui, on en recense près 5 000 et ils s’imposent comme les plus grands varans au monde. Ils peuvent mesurer jusqu’à 3 mètres de long et peser près de 150 kilos. Si leur présence motive, à elle seule, une excursion au coeur du parc, mieux vaut ne jamais s’y aventurer seul. Les conseils d’un guide expert sont les bienvenus car le dragon de Komodo peut se montrer agressif et redoutable. Pendant longtemps, les populations ont ainsi cru qu’il était doté d’un venin mortel. Si ce n’est pas le cas, l’animal reste très dangereux en raison de son hygiène buccale plus que douteuse : sa bouche étant infestée de bactéries. Quoi qu’il en soit, approcher ces mastodontes venus d’un autre temps, même depuis un sentier balisé abrité derrière un feuillage, reste une expérience inoubliable, qui se situe presque aux origines de la biodiversté.