Lovée au centre du Mexique, à plus de 2 000 m d’altitude, Guanajuato est considérée comme « el corazón » ou « coeur » du pays. Plus que sa situation géographique particulière, c’est son architecture coloniale et son charme qui lui valent tous les honneurs. Et pour cause, cette ville est si onirique que l’on comprend pourquoi, aux yeux d’André Breton, le Mexique est « le pays le plus surréaliste au monde ». Diego Rivera, l’amant terrible de Frida Kahlo, la plus surréaliste des peintres mexicains, y vit d’ailleurs le jour en 1886. Coïncidence ?

Tourbillon bigarré

C’est depuis les hauteurs des montagnes environnantes que Guanajuato mérite d’être observée pour la première fois. La cité mexicaine dévoile alors son plus beau visage : celui d’une ville haute en couleur. Et ce n’est pas seulement une expression mais bien une véritable explosion chromatique. Du jaune, du mauve, du vert, du orange… C’est comme si les maisons typiques, agrippées au flanc des falaises, rivalisaient de créativité pour mieux attirer le regard. Perçues depuis un belvédère, ces dernières forment un tout si harmonieux qu’elles s’apparenteraient presque à une toile pointilliste. De retour au coeur de la ville, la magie opère de plus belle. Cette fois, ce sont les places arborées, les balustrades en fer forgé et les venelles sinueuses qui poursuivent l’enchantement. L’une d’elles, la plus étroite de la ville avec ses 68 cm de large, fait d’ailleurs l’objet d’une légende locale : « el callejón del beso », comprenez « la ruelle du baiser ». Deux tourtereaux y auraient vécu leur amour interdit, s’embrassant secrètement depuis leurs balcons très rapprochés. De quoi ajouter un supplément d’âme à la belle Guanajuato.

Héritage colonial

Fondée au 16e siècle par les colons espagnols qui découvrirent des mines d’or et d’argent dans son sous-sol, Guanajuato devient l’un des plus importants centres miniers de tout le pays. Si la Valenciana, principale mine de la ville, n’est plus en activité, elle se fait le témoin de cette époque. D’anciens mineurs conduisent, aujourd’hui, les visiteurs dans les dédales de souterrains et partagent avec eux leur savoir autant que leurs souvenirs. Á cette époque, la ville connaît une prospérité économique sans précédent, en témoigne la fastueuse église San Cayetano, construite au 18e siècle, qui se dresse à proximité de la mine. Le centre historique de Guanajuato s’enorgueillit, lui aussi, de somptueux édifices baroques et néoclassiques aux influences européennes. Un mélange architectural si préservé qu’il figure au patrimoine mondial de l’Unesco.