De nos jours, la fascination qu’exercent ces légendes reste toujours intacte. On en retrouve la trace dans la série Kaamelott, par exemple, qui détourne les codes de l’époque, mais aussi dans le succès de Game of Thrones et son univers médiéval pas si éloigné de celui imaginé par Chrétien de Troyes. Le poète médiéval avait fait de Brocéliande un lieu central de ses romans sur le roi Arthur avec Le Chevalier au Lion, vers 1175, sans doute inspiré par l’atmosphère particulière du lieu, si propice à l’émerveillement. La forêt n’est pas la seule à avoir servi de berceau aux légendes locales, mais elle est assurément la plus connue. Aujourd’hui encore, dans ces bois, résonne l’écho de ces histoires du passé. Les amoureux de mythologie y trouveront une terre de mystère et les promeneurs s’imprégneront de la magie du site.

Les métamorphoses de la forêt

Car il y a de la magie en ces lieux. À l’ombre de ces arbres ayant défié les siècles, plusieurs surprises attendent les plus curieux. La diversité des décors y est remarquable, l’ambiance change en quelques mètres seulement. La partie la plus centrale de Brocéliande est principalement constituée de chênes, de hêtres et de charmes, dont les branches jouent à cache-cache avec la lumière du soleil. Ses sols humides sont colorés par la myrtille ou la jacinthe des bois. Mais parfois, ces obscures frondaisons s’écartent, laissent place à un paysage de landes plus sèches, sur lesquelles bruyères, ajoncs et genêts poussent entre les roches couvertes de mousse. Un bel exemple en est le Val sans retour, situé à l’ouest de la forêt. Cette vallée encaissée, teintée de rouge par le schiste qui y affleure, serait le domaine de Morgane, la demi-sœur du roi Arthur. Trahie par son amant, elle avait jeté un sort sur l’endroit, afin d’y emprisonner les chevaliers infidèles.

Un refuge pour de multiples espèces

Si les chevaliers de la Table Ronde ont depuis longtemps quitté les lieux, Brocéliande n’est pas déserte pour autant. Les bois sont maintenant habités par une faune très diversifiée. Certains de ses résidents se laissent facilement observer, comme le cerf, emblème de Merlin, le chevreuil ou le sanglier, associé à Arthur. Écureuils, musaraignes et hérissons peuplent également les sous-bois. Plusieurs espèces d’oiseaux occupent les branches ou les mares. Il est ainsi possible de croiser des hérons cendrés veillant sur la fontaine de Barenton, cette étendue d’eau qui vit jadis le jeune Merlin, futur architecte de Stonehenge en Écosse, rencontrer la fée Viviane et lui donner sa première leçon de magie. Et les branches abritent le roitelet huppé ou la fauvette, dont les chants se mêlent au murmure du vent dans les feuillages. Peut-être parlent-ils avec l’enchanteur…