Sise à l’embouchure de la Dives, tout près du village de Houlgate, Cabourg est un des musts de la Côte Fleurie. Aujourd’hui encore, la commune a conservé toute son attractivité d’antan. Autrefois petit village de pêcheurs, c’est à la moitié du 19e siècle et sous l’action de l’homme d’affaires Henri Durand-Morimbau que le site devient une des stations balnéaires les plus courues.

La pratique des bains de mer, considérés pour leurs vertus thérapeutiques, est alors en vogue dans le grand monde. Pour divertir ces publics aisés, on choisit de construire à Cabourg un casino ainsi qu’un grand hôtel au confort très moderne pour l’époque. Rapidement, la station balnéaire devient le lieu incontournable de la bourgeoisie de la Belle Époque.

Le théâtre du monde dans les yeux de Marcel Proust

Sous la coupe d’un certain Paul Leroux, le plan de quartier du front de mer est conçu comme un hémicycle, un théâtre dont le palace et le casino constituent la scène. Car toutes les avenues convergent vers la place centrale où mondains et demi-mondains se croisent à toute heure du jour.

Parmi eux, un certain Marcel Proust a ses habitudes. Depuis son enfance, le célèbre écrivain est familier de la côte normande, des falaises d’Étretat et du grand hôtel de Cabourg qu’il fréquente depuis sa complète rénovation en 1907. Lieu de retraite pour soigner son asthme, la station balnéaire lui inspirera « Balbec », ville imaginaire dans son célèbre roman À la recherche du temps perdu – une avant-garde du roman moderne et un tableau sensible sur la société de ses contemporains.

Au 4e étage de l’hôtel de luxe, chambre 414, nombre d’admirateurs découvrent aujourd’hui encore la vue lénifiante dont l’homme de lettres jouissait sur le large, au doux son des vagues sur la digue. En contrebas, la promenade piétonne qui rejoint Franceville au Cap Cabourg sur plus de 3,6 km – la plus grande d’Europe – porte son nom.

Durant l’été 2017, une statue de Proust en pied a été installée dans le jardin du casino. Peut-être un moyen pour l’auteur de continuer à regarder le monde passer.

Cabourg : le temps suspend son vol sur la Côte Fleurie