Aussi électrique que les défilés de Rio de Janeiro, aussi déguisé que les mascarades de Venise, le Carnaval de Nice est le plus grand de France. Une fête menée tambour battant dans les rues étroites de la cité, depuis le 13e siècle. Afin de se préparer aux 40 jours du jeûne du Carême, les Niçois avaient pour tradition de profiter d’une cuisine riche et copieuse. C’est le célèbre Mardi gras ! Une période festive qui annonce son lot de bals, danses, farandoles et feux de joie.

Sa Majesté Carnaval et sa Cour

Au 19e siècle, apparaissent peu à peu les premiers défilés de chars à l’italienne, les fameux corsi, qui déambulent d’abord sur le Cours Saleya – la place du marché du Vieux Nice. En 1882, le char de Sa Majesté Carnaval est créé, très vite rejoint par Madame Carnaval et toute sa Cour. Caricatures grotesques de la société de l’époque, ces figures sont promenées dans la ville entière. L’incinération du Roi, sur la plage de la Baie des Anges, marque la fin des festivités. Une tradition aujourd’hui encore maintenue.

En 1876, une « bataille des fleurs » vient s’ajouter à l’événement. Entièrement piqués de boutons de Provence, comme le mimosa, les chars de la parade s’exposent tandis que spectateurs et carnavaliers se lancent des bouquets. L’occasion pour la ville d’honorer le travail des artisans fleuristes de la région.

Le corso carnavalesque du Roi de l’énergie

Chaque année, l’événement attire plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Après le « Roi des Médias » l’an passé, l’édition 2017 raconte l’histoire du « Roi de l’Énergie ». Un thème qui fait écho à l’accord historique signé lors de la COP 21 à Paris, en 2016, et aux enjeux environnementaux actuels.

Des centaines d’artistes, maquettistes et carnavaliers ont laissé parler leur imagination. À l’abri des regards dans le hangar de Richelmi et la Halle Spada, ils se sont attelés à créer le Roi et sa Cour, montés sur d’improbables véhicules. Les techniques et les matériaux ont bien sûr évolué – même si les « grosses têtes » sont toujours conçues à base de papier-mâché. Qu’elle soit solaire, éolienne, hydraulique ou encore personnelle, toutes ces énergies déployées promettent un carnaval lumineux et survitaminé. Pour se joindre à la parade, il suffit de venir soi-même déguisé… et d’entrer dans la danse !

Carnaval de Nice : le grand charivari de la Côte d'Azur