Au cœur du pays dauphinois, le massif du Vercors s’étend de Grenoble à Valence. Longtemps réputée comme une muraille de calcaire insurmontable, cette place forte naturelle a hérité du surnom de « citadelle de la liberté ». En 1944, en pleine Seconde Guerre mondiale, c’est ici que plus de 4 000 jeunes rejoignaient le maquis après l’appel à la mobilisation.

La plus vaste réserve naturelle de France

Les résistants ont depuis laissé place aux randonneurs qui profitent de ces vastes étendues pour découvrir le patrimoine naturel et humain du pays. Sur plus de 17 000 hectares, soit 10 % du territoire du Parc naturel régional, la Réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors est la plus grande de ce type en France métropolitaine. Là où le climat rigoureux des Alpes rencontre la douceur méditerranéenne.

Grâce au travail des gardes de la réserve, le Parc poursuit son objectif premier : celui de protéger l’équilibre de la faune et la flore du massif. Plus grande forêt de pins à crochet des Alpes calcaires, la réserve abrite quelques 738 espèces végétales. Dans ces Hauts-Plateaux, la vie animale est discrète mais foisonnante. Le chamois y croise l’aigle royal mais aussi le tétras-lyre, un gallinacé dont la queue évoque la forme de l’instrument et qui est devenu l’emblème du Vercors. Nombre d’espèces ont également été réintroduites comme la marmotte des Alpes ou le bouquetin.

Valoriser l’activité humaine tout en protégeant la nature

L’histoire de ce parc est singulière : c’est celle d’un territoire vivant et d’une harmonie retrouvée entre les hommes et leur environnement. Le  projet de cet espace privilégié n’est pas de mettre la nature sous cloche mais de maintenir l’activité économique dans la région et soutenir la production locale. Sur cette terre où le pastoralisme est pratiqué depuis plus de mille ans, les équipes du Parc se chargent notamment de protéger le travail des bergers et de leurs fidèles chiens « patous » qui gardent les troupeaux.

Grâce à l’aide du Parc naturel régional, le Bleu du Vercors-Sassenage a obtenu le label Appellation d’origine contrôlée (AOC) en 1998. Une reconnaissance officielle pour ce bleu onctueux au goût de noisette et dont on avait perdu la recette... Les agriculteurs vercusiens se sont chargés de retrouver la particularité de ce fromage élaboré à partir du lait de la villarde, une vache originaire de Villard-de-Lans dont la race aurait bel et bien disparu sans la renaissance de la production locale.