« Un tourisme sans nuisances environnementales », voilà le souhait de Fabienne Ellul, à l’origine de l’association Provence Sud Passion. Voyageuse engagée pour l’écologie depuis toujours, elle affirme aimer réfléchir du local au global afin de rencontrer les habitants des lieux qu’elle explore. « J’envisage une autre forme d’accueil. L’idée est de constituer un réseau de passionnés de leur territoire, prêts à ouvrir la porte de leur maison, de leur atelier, de leur jardin, pour proposer aux visiteurs de vivre des expériences inédites ».

Relier des personnes aux horizons différents

La crise et les nouvelles technologies sont à l’origine de la création du projet. « Ces facteurs m’ont fait prendre conscience de l'importance de libérer les énergies locales et du besoin des personnes de se rencontrer, de montrer leur travail à un public. L'association permet aux artisans et créateurs de se tester, d'avancer en devenant les ambassadeurs du lieu où ils vivent et en investissant des espaces oubliés pour leur redonner vie ». Depuis 2012, les acteurs de la Provence verte, un territoire regroupant 39 communes du Var, sont encouragés à mener des actions originales : « nous avons organisé des marchés de créateurs, monté des boutiques éphémères, organisé des balades photographiques entre le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Avec ces initiatives, nous avons trouvé l'adhésion d'un public et la confiance d'élus locaux, intéressés par notre action bénévole d'ambassadeurs de notre territoire ».

Un réseau de passionnés

Depuis sa création, l’association s’est entourée d’un vaste réseau d'artisans, agriculteurs ou particuliers qui souhaitent promouvoir leur patrimoine. Ils font partie intégrante de cette démarche solidaire, collaborative et sociale. « Aujourd’hui, l'artiste Claude Durrieu, céramiste, préside aux destinées de l'association et développe la cour des créateurs. Un lieu d'expositions, de concerts et d'ateliers dans l’enceinte de l'ancien musée Grévin de la Provence, tombé en déshérence ». Les visiteurs sont au rendez-vous, tout comme les habitants, heureux de rencontrer un savoir-faire local respectueux de l’environnement.

Découvrir la Provence verte

Provence Sud Passion met également en lumière la richesse de sites naturels méconnus, notamment le territoire de Salon-de-Provence, « quelque peu oublié des circuits classiques mais aussi beau que les Alpilles ou le parc naturel régional du Luberon, alliant le charme d'une Provence fertile et le fort accent marseillais. L'artisanat et le patrimoine font que ce séjour sort des sentiers battus ». Sans oublier les coins de la région qu’il convient de préserver comme « l’étang de Berre menacé par les rejets toxiques de la centrale électrique avoisinante. C’est l’une des plus grandes lagunes d’Europe. Souvent qualifiée de « poubelle industrielle », elle s’engage aujourd’hui dans une démarche de classement auprès de l’Unesco ». De quoi renforcer l’attache de Fabienne Ellul à sa terre : « Salon-de-Provence est une ville à la campagne où les gens sont heureux et où rien n'est surfait. Une zone urbaine en transition avec ses marchés de producteurs et sa monnaie locale ». La révolution verte est en marche.