Il y a des personnes dont la vie prend un tournant que même leurs proches n’auraient pu imaginer. C’est le cas d’Eliott Schonfeld. Bon élève, il grandit en banlieue parisienne. Son baccalauréat en poche, il s'inscrit en prépa scientifique. Cinq mois plus tard, las d’écouter ses professeurs, il s’envole vers une inconnue vibrant au son du didgeridoo : l’Australie.

Partir pour mieux se trouver

Quand, en 2011, Eliott rejoint l’Australie, il n’a aucune idée de ce qui l’attend. «Tout ce que je voulais, c’était échapper à mon quotidien », se souvient-il. Ce qu’il découvre dépasse tous les possibles : son moi profond et ses aspirations réelles. « Sur l’immense Fraser Island, j’ai emprunté un sentier de randonnée qui traverse l’île en passant par la forêt tropicale. Avant de me lancer, j’avais vu qu’il y avait des endroits où planter sa tente. Je me suis dit que je trouverais de quoi acheter de la nourriture et de l’eau. Mais il n’y avait rien de tout ça. Je me suis retrouvé dans la nature pendant 10 jours ». Une expérience qui change ses perspectives d’avenir. « Á la fin, j’avais certes faim mais j’ai réalisé que j’avais été très heureux, seul, au milieu de cet environnement. Je ne souhaitais qu’une chose : passer plus de temps dans les endroits sauvages ». Des désirs qui deviennent réalité grâce à une motivation sans faille. De retour en France, il cumule les jobs alimentaires pour financer son prochain voyage. En 2013, il part à la conquête du Grand Nord canadien tandis que l’année suivante il se dirige vers l’Islande du sud. En parallèle, Eliott reprend ses études… de philosophie cette fois. « J’aime voir un lien entre mes cours et mes voyages. Quand on est seul, on réfléchit beaucoup. Cette discipline m'aide à structurer ma réflexion ».

Vers un nouveau mode de vie

Á force de sillonner le globe, « ma manière de voyager a évolué. Au début, je faisais du stop... Aujourd’hui, j’organise mes propres expéditions et je suis complètement autonome. Même dans les contrées les plus reculées du monde ». Au panthéon de ses plus grands exploits ? La traversée de la steppe mongole et du désert de Gobi. Soit 2 000 km, en 3 mois, parcourus à cheval et à pied. Mais surtout, l'Alaska et ses paysages exceptionnels. « J’ai fait un mois et demi en canoë sur la rivière du Yukon puis j’ai marché pour rejoindre l'océan Arctique ». Une aventure éprouvante dont il garde un souvenir impérissable. « Trois semaines durant, je n’ai vu aucun signe d’humanité, que ce soit une empreinte de pas ou une trace de pneu. Á ce moment-là, j’étais l’homme le plus heureux de la Terre ». Eliott rencontre tout de même quelques sommités locales, dont l’emblématique grizzli. Pour se nourrir, il pioche dans ses provisions avant de « cueillir des myrtilles, des champignons et, même, pêcher. C’était la première fois que j’atteignais cette autonomie alimentaire. » Et pas la dernière. Cette expérience a changé son rapport au monde. « Je sens que je n’aurai bientôt plus envie de revenir à Paris. Mes voyages ne sont pas un prétexte pour partir loin. C’est une manière de vivre et de penser. J’aimerais passer mes jours dans un endroit où je suis plus proche de la nature, où la relation avec l’origine est plus présente », explique-t-il.

En attendant de trouver son Arcadie, Eliott s’envolera, en août prochain, vers les sommets de l'Himalaya. Au programme : « une traversée intégrale de la chaîne montagneuse ». Peut-être rencontrera t-il le légendaire yéti ! Toutes ces expériences, l’explorateur les partage sur son blog éponyme, dans des livres, mais aussi dans des films. La première projection de son deuxième long métrage, Seul en Alaska, aura d’ailleurs lieu à Paris le 15 juin prochain.

Eliott Schonfeld présente son nouveau film Seul en Alaska.