Les Alizés, vents tropicaux, possèdent une particularité : souffler sur les terres dans une direction nord-est pour l'hémisphère nord, et sud-est pour l’hémisphère sud. Un vent changeant donc, tout comme les paysages des destinations qu'ils traversent.

Du chapelet des petites Antilles...

C'est l'aile ouest de la Guadeloupe, pépite au cœur des petites Antilles, soit la Basse-Terre, qui reçoit en premier le souffle des Alizés venus principalement de l'Atlantique. Un bastion idyllique, entre forêts tropicales, chutes d'eau et volcans, balayé par ces vents qui répandent sur leur passage des nuances flamboyantes et une odeur de souffre tamisée par celle des arbres. Arrivés par le sud, les Alizés, chargés par le courant maritime, sont alors humides. Durant l'hivernage, des averses fréquentes viennent étancher la soif des terres de l'île et apaiser la Soufrière, son cœur bouillonnant.

Les Alizés se répandent ensuite sur la Martinique, surnommée «l'île aux fleurs» en raison de la grande variété de sa flore. Des beautés végétales dont les corolles libèrent, sous son souffle, de délicates essences parfumées. Ces vents d'est à nord-est expirant entre 15 et 25 nœuds arrivent au summum de leur puissance entre décembre et février. Une période parfaite pour monter sur une planche à voile et glisser sur la mer des Caraïbes.

...à La Réunion et l’île Maurice

Infatigables, les Alizés poursuivent leur chemin au-dessus de l'océan Indien. Ils ne croisent aucun obstacle ne pouvant altérer leur régularité sur des milliers de kilomètres. C'était sans compter l’île de la Réunion, condensé des plus belles richesses de la nature. Gênés par ses hauts-reliefs, les Alizés préfèrent la contourner, craignant peut-être de s'étioler sur les parois escarpées du piton Maïdo, géant au tempérament volcanique de l’île. Un détour qui le fait souffler avec plus d'intensité encore au large des côtes qui lui sont parallèles, à l'instar de celles de Saint-André, Bras-Panon et Saint-Benoît. Des territoires situés à l'est de la Réunion qui, essuyant la fureur des vents, se démarquent par une mer agitée et des terres humides où les champs de cannes à sucre et de vanille cohabitent avec les cascades et les forêts vierges.

Les Alizés poursuivent leur course folle jusqu'à l'île Maurice dont est originaire Céline, du blog « Je papote ». Ici, si les vents sont endormis la majeure partie de l'année, ils se réveillent au mois de juillet et d’août dans une forme impériale. De quoi réjouir les amateurs de glisse qui privilégieront les côtes est et sud, de Belle Mare au Bouchon. L’occasion également de découvrir la face cachée et sauvage de l’île. Des boîtes à trésors recelant de plages perdues, de piscines naturelles, de rangées de filaos (des arbres à franges) et de plantations de thé. D'autant que l'été, les Alizés se transforment en une agréable brise marine, rafraîchissant les journées de ceux qui souhaitent appréhender l'authenticité de l’île Maurice.