Un plan climat ambitieux

Cernée par les montagnes, Grenoble se situe dans une cuvette qui retient l’air. Très fréquemment soumise aux pics de pollution, la ville inaugure, dès 2005, le premier Plan climat de France. Avec pour objectif principal diviser par quatre ses émissions de gaz à effets de serre d’ici 2050. Se renouvelant sans cesse et anticipant l’avenir, la ville modifie le document à deux reprises. La première en 2012, qui fait entrer l’amélioration de la qualité de l’air dans son périmètre d’action et revoit les objectifs premiers à la hausse. Ce qui amène à le rebaptiser Plan air climat. Des desseins ambitieux qui pour être atteints nécessitent la collaboration de tous. Via un réseau de tramways, une flotte de vélos et de véhicules électriques en auto-partage, les habitants sont ainsi encouragés à délaisser leur voiture au profit d’un mode de transport plus doux pour l'environnement. Les inconditionnels des véhicules motorisés, devront désormais limiter leur vitesse à 30 km/h dans toute l’enceinte de la ville. Les premiers résultats sont encourageants puisqu’à l’été 2016, les émissions de CO2 avaient déjà diminué de 18 %. La même année, le Plan climat prépare la transition énergétique de Grenoble, fixant la production des énergies renouvelables à hauteur de 16 % d’ici 2020.

Les écoquartiers, fleuron grenoblois

Pour réussir sa transition énergétique, une ville doit être en mesure de combiner développement urbain et respect de l’environnement. Des contraintes auxquelles répondent les écoquartiers, dont l’innovation est le principal moteur. Forte d’un puissant pôle scientifique et technologique, Grenoble expérimente la ville de demain à l’intérieur de trois d’entre eux. En plus des panneaux solaires couvrant la moitié des besoins en eau chaude des 850 habitants, l’écoquartier de Bonne abrite un immeuble de bureaux à énergie positive, c’est-à-dire qu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. En 2009, il devient le premier à être distingué par le Grand Prix National EcoQuartier, remis par le Ministère de l’écologie et du développement durable. Un an plus tard, Grenoble se montre de nouveau avant-gardiste, devançant de deux ans la réglementation thermique française qui impose la norme « Bâtiment Basse Consommation » pour les nouvelles constructions. L’écoquartier Blanche Monier, tout comme son voisin l’écoquartier Bouchayer-Viallet, expérimentent ainsi des bâtiments peu énergivores. Leur double isolation intérieure et extérieure limite notamment la déperdition d’énergie. Situé sur l'Île Verte, l’écoquartier Blanche Monier fait immanquablement écho à celui de la Confluence sur la presqu’île lyonnaise.

Améliorer la qualité de vie de ses habitants tout menant de front sa transition énergétique, deux objectifs que la capitale du Dauphiné met un point d’honneur à remplir. Mieux, à devancer.