Le 24 août de l'an 79, comme Pompéi, Herculanum disparaît sous un amas de cendres volcaniques. Cette couverture protectrice plonge les villes dans l'oubli avant qu'elles ne soient redécouvertes par hasard au 18e siècle. En moins de 24 heures, l'éruption du Vésuve ensevelit le territoire et provoque la mort des milliers d'habitants d'Herculanum et de Pompéi. Véritable tragédie humaine, le témoignage intact de la vie quotidienne sous l'Empire romain reste édifiant. Considéré comme un vrai trésor pour les archéologues qui ont pu reconstituer des pans entiers de la civilisation romaine à son apogée, la visite du site est particulièrement prenante et suscite une vive émotion. À Pompéi, le voyage dans le temps se lit à travers la conservation de plusieurs corps solidifiés par les cendres. Ainsi, les archéologues ont reconstitué au cours des années la fuite précipitée des habitants mais aussi leurs habitudes au quotidien. Comprendre avec une telle clarté une vie restée silencieuse pendant 1 700 ans conduit forcément à l'émerveillement.

Une conservation différente pour deux sites éloignés de quelques kilomètres

Tout au long de la visite se pose la question ambivalente de l'action des cendres, à la fois destructrice et conservatrice. A la différence de Pompéi, Herculanum a été ensevelie sous une coulée pyroclastique (un mélange de gaz volcaniques, de vapeurs d'eau et de particules solides qui forme une boue volcanique), la conservation des corps, des bâtiments et du mobilier sont différentes. Les matières comme le bois ou les rouleaux de papyrus ont particulièrement bien résisté et les recherches menées ont été fructueuses ; la découverte de 1 800 papyrus dans la villa des papyrus est une révélation pour les archéologues. Leur étude constituerait là encore une avancée conséquente sur le décryptage de la civilisation antique. Le déchiffrage des papyrus est une opération extrêmement méticuleuse : le défi pour les chercheurs consiste à les étudier sans les endommager grâce à l'expérimentation de différentes technologies.