Dès le début du 19e siècle, les peintres anglais installent leurs chevalets au grand air. William Turner ou encore Richard Parkes Bonington rejoignent les rivages normands, esquissant de sublimes aquarelles. Á la même époque, les artistes français, expérimentent, eux aussi, la peinture en extérieur. Cette pratique donne alors naissance à l’école de Barbizon, dont les membres ne peignent que « d’après la nature ». Notamment dans la forêt de Fontainebleau. Parmi eux, Jean-Baptiste Camille Corot ou encore Jean-François Millet. Deux façons de travailler qui favorisent l’avènement de l’impressionnisme. Rompant avec les codes académiques, ce courant replace la nature et les sensations qu’elle procure au coeur de la toile. Une révolution picturale qui célèbre l’aura magnétique de la Normandie.

La Normandie, atelier lumineux des impressionnistes

En 1874, le tableau Impression soleil levant de Claude Monet donne son nom à ce mouvement. Représentant le port du Havre sous les rayons rougeoyants du petit matin, ce chef d’oeuvre rappelle l’importance de la lumière naturelle et des couleurs pour ces peintres. Les siennes sont si pures, intenses et fugaces à la fois que la Normandie devient le fief officiel des impressionnistes. Leur père, Monet, s’installe au coeur du jardin enchanté à Giverny où il réalise sa célèbre série des Nymphéas. « Je ne comprends pas qu’on s’enferme dans une chambre. Pour dessiner oui ; pour peindre non », clame-t-il. Ses disciples non plus d’ailleurs. Eugène Boudin s’établit, entre autres, sur la plage de Trouville et immortalise les premiers bains de mer. Renoir, lui, préfère les majestueuses falaises d’Étretat et toutes celles qui plongent dans l’Atlantique. En témoigne son huile sur toile Falaises près de Dieppe, ciel couvert. Tandis que Pissarro prend ses quartiers dans les nombreux ports locaux. Degas, Gauguin, mais aussi Sisley cèdent également à l’appel de la Normandie. Région qui, à ce jour, reste une source d’inspiration inépuisable pour de nombreux artistes. Et on comprend pourquoi.