La Provence est une région qui fait généralement l’unanimité. Prisée pour sa tranquillité, sa douceur de vivre, son immense charme, cette région apaise autant qu’elle stimule les esprits les plus artistiques. Si elle n’est pas forcément représentée dans les œuvres des peintres dont nous vous parlons aujourd’hui, excepté Cézanne qui ne cessera jamais de la peindre, la Provence a été profondément inspirante et aimée par toute une communauté d’artistes, heureux de se retrouver et parfois heureux de se détester en toute admiration. Les paysages provençaux actuels portent les plus belles empreintes laissées par les peintres du 20e siècle. En témoignent la salle des mariages de Menton dessinée par Cocteau ou la chapelle des Pénitents Blancs de Saint-Paul-de-Vence décorée par le peintre Folon, et d’autres que nous vous invitons à découvrir dès maintenant.

Cézanne, l’enfant prodige d’Aix-en-Provence

Direction Aix-en-Provence, ville-refuge de Paul Cézanne (1839 – 1906) à laquelle il ne cessera de rendre hommage. Il séjourne peu de temps en dehors de sa Provence natale, hormis une période à Auvers-sur-Oise, capitale des Impressionnistes située dans le nord de Paris, il revient peindre des paysages qui ne cessent de stimuler sa créativité. La montagne Sainte-Victoire, les pins maritimes, le village de l’Estaque composent la grande majorité de ses œuvres. Plutôt incompris de son vivant en comparaison à Picasso, Paul Cézanne influencera considérablement ce dernier.

Liens sacrés entre Nice, Vence et Matisse

Retour dans les Alpes-Maritimes, terre de contrastes entre mer et montagne. Après plusieurs séjours entre Paris, Étretat, Tanger, Matisse élit domicile à Nice en 1921, dans la rue piétonne du Cours Saleya, célèbre marché aux fleurs réputé pour ses bouquets de mimosas, en hiver. S’il ne cessera jamais de voyager, c’est à Nice qu’il peindra ses œuvres les plus importantes. L’immense fresque La Danse, commandée en 1930 par le collectionneur Barnes ou la série des Nus Bleus (1952) sont nés dans son atelier d’artiste. Refugié à Vence pendant les bombardements de 1943 à Nice, Matisse décore la chapelle du Rosaire devenue la chapelle Matisse. Cette réalisation devient pour lui le point d’orgue de toute son œuvre. L’édifice doit être vu dans sa globalité pour se rendre compte des quatre ans de travail nécessaires à Matisse pour accomplir son chef d’œuvre. Tuiles blanches et bleues à l’extérieur, vitraux, céramiques, bénitiers à l’intérieur prouvent l’entier dévouement du peintre à ce chantier durant les dernières années de sa vie. Décédé en 1954, il repose sur les hauteurs de Cimiez à Nice aux côtés de ses œuvres exposées à la Villa des Arènes, une magnifique demeure génoise du 18e siècle à la façade rouge vif qui n’est pas sans rappeler les murs de Roussillon, capitale des ocres.

La joie de vivre de Picasso sur la Côte d’Azur

Matisse et Picasso, éternels rivaux et admirateurs de leur travail respectif, ont vécu sur la Côte d’Azur à la même époque. Après plusieurs séjours au Cap d’Antibes dans les années 20, Picasso est invité à résider dans le château Grimaldi, grande famille génoise dont les membres les plus connus ne sont autre que la famille princière de Monaco. Fermons la parenthèse people et revenons à nos peintures. Cette période est synonyme d’épanouissement pour le peintre âgé de 65 ans et cela se ressent dans ses toiles. Il peint une vingtaine de tableaux d’inspiration méditerranéenne dont La joie de vivre avant de se concentrer sur la représentation de personnages de la mythologie grecque. Son installation à Golfe-Juan avec femme et enfants en 1947 marque le début de son travail de céramiste dans les ateliers de Vallauris. De son vivant, il assistera à l’inauguration de la salle Picasso avant que le château ne devienne le premier musée consacré au peintre en 1966. Le musée affiche les dessins et les peintures laissés par Picasso après son séjour ainsi que des céramiques réalisées à Vallauris. Le peintre Nicolas de Staël (1914 – 1955) a également une place importante dans ce musée qui conserve d’importantes œuvres de sa dernière période, en hommage à son séjour dans la ville d’Antibes.

Si nous ne pouvons citer tous les peintres qui ont séjourné en Provence, la vitalité artistique de la région est considérablement marquée par leurs influences.