Patrie de Dante et de Pétrarque, la Toscane est, à n’en pas douter, une région où bat le pouls de la littérature. De Stendhal à Jean d’Ormesson, écrivains de tous horizons et époques, sont venus puiser à la source de ses paysages de quoi enrichir leurs romans.

La Toscane, étape phare du Grand Tour des écrivains

Au 18e siècle, les familles aisées du nord de l’Europe parfont l’instruction des plus jeunes via un voyage sur les traces des trésors de l’Antiquité et de la Renaissance. Initialement rite de passage, ce Grand Tour séduit les artistes qui décident, eux aussi, de nourrir leur esprit à la faveur de ce patrimoine culturel. La Toscane, berceau du « Rinascimento », devient alors le point de ralliement de l’intelligentsia européenne. Notamment celui des écrivains qui se pressent sur ses chemins. Cahier et plume en poche, ils immortalisent avec des mots le pouvoir des paysages toscans. Dans Italia, publié en 1852, Théophile Gautier y voit « un horizon semé de villes et de villas, moiré d'ombre et de lumière… ». Autant de merveilles qui inspirent à Alphonse Lamartine ses Harmonies poétiques et religieuses, en 1826. Si ce périple initiatique cesse au début du 19e siècle, les auteurs, eux, continuent de célébrer la région. En 1987, le narrateur de la célèbre trilogie de Jean d’Ormesson trouve le bonheur à San Miniato.

Florence, épicentre de la création

Berceau des Médicis et de la Renaissance, Florence accumule les chefs-d’oeuvre. Du palais Pitti au Duomo de sa cathédrale, les trésors du « Quattrocento » s’égrainent les uns à la suite des autres. Une enfilade de toute beauté que Maupassant décrit dans La Vie errante : « On se demande avec stupeur ce que fut l'âme exaltée et féconde, ivre de beauté, follement créatrice, de ces générations secouées par un délire d'artiste.»

Une folie qui fait tourner la tête des écrivains, au sens propre comme au figuré. Lors de son voyage dans la capitale toscane en 1817, conté dans Rome, Naples et Florence, Stendhal expérimente l’ivresse de l’art. « J’étais dans une sorte d’extase. La vie était épuisée en moi, je marchais avec la crainte de tomber ». Malaises, suffocations, hallucinations... Des troubles aujourd’hui connus comme le syndrôme de Stendhal ou quand la profusion artistique dépasse l’entendement. Vertigineusement belle, Florence soufflera quelques-uns des plus grands romans internationaux, qu’elle soit la toile de fond ou non. C’est au pied de l’Arno que Dostoïevski écrit les premiers chapitres de L’Idiot en 1868. Une cinquantaine d’années plus tard, D.H. Lawrence, lui, y achève les aventures sulfureuses de L’Amant de Lady Chatterley.

La Toscane est définitivement une terre littéraire.