Technique de décoration de tissu ancestrale pratiquée, dès le 4e siècle avant JC, en Égypte, en Chine, au Japon, le batik acquiert ses lettres de noblesse sur l’île de Java, aux 12e et 13e siècles, où le savoir-faire se met au service de la spiritualité. Celle-ci rayonne désormais dans toute l’Indonésie et en particulier sur l’île des dieux, où elle habille les danseuses balinaises. Le mot « batik » provient du javanais « titik » qui signifie « faire des points ». Pour que les motifs résistent aux différents bains de teinture, ils sont dessinés à la cire, appliquée en fines gouttelettes. Un travail raffiné dans lequel se sont drapés avec délectation les sultans de l’île. Mais bien plus qu’un simple apparat, le batik offre une grille de lecture qui tente de percer les mystères de la culture javanaise, au même titre que les costumes traditionnels maya au Guatemala. Miroir des croyances religieuses ou des qualités de la personne qui le revêt, chaque dessin et chaque couleur possèdent leur propre signification. Ainsi, le motif kawung, composé de cercles entrecroisés formant des rosasses, a incarné pendant des siècles la bravoure et la justice de la famille royale. Si aujourd’hui l’esthétique tend à prendre le pas sur la symbolique, l’Unesco s’engage dans la protection du batik et de ses valeurs sacrant cette technique au patrimoine culturel immatériel.