Après vous avoir fait découvrir la côte de Vauville avec la comédienne Armelle, et la très colorée côte d’Albâtre, c’est sur la presqu’île de la Hague, située sur la pointe nord-ouest du Cotentin que l’on vous emmène. Grand littoral qui demeure l’un des plus rudes, mais aussi l’un des plus authentiques de la Normandie. Là-bas, la nature, indomptable, domine. Sa force ? Elle la tient de sa richesse biologique.

La tête dans les nuages

La péninsule haguaise possède en effet une grande diversité d’animaux marins et terrestres. La proximité de la mer et ses courants chauds en font le fief hivernal des oiseaux migrateurs. On y admire le héron, échassier au grand cou, le canard colvert, roi des couleurs avec sa tête vert brillant, son plumage gris-brun-blanc, et son bec jaune, ou encore le gravelot, petit oiseau à l’allure frêle. La Hague abrite ainsi plusieurs réserves ornithologiques. Goélands argentés, grands corbeaux, cormorans huppés, mouettes et foulques cohabitent dans un joyeux vacarme que seul le bruit des vagues vient assourdir. Au total, ce ne sont pas moins de 140 espèces qui nous offrent un balai aérien grandiose.

À la nuit tombée, c’est un tout autre spectacle qui nous attend. Ces bêtes à plumes laissent place aux chauves-souris, plus timides, qui ont élu domicile dans les grottes des falaises. La presqu’île œuvre en effet pour la préservation des chiroptères, concentrant la plus grande population de la Basse-Normandie.

Un territoire riche, terre et mer

Si la richesse animale de l’espace aérien offre une scène d’une beauté à couper le souffle, sur le cap de la Hague, il est bon de prendre le temps de baisser les yeux au sol. En plus de croiser de petits reptiles se faufilant sur les pentes escarpées des falaises, notre regard s’arrêtera peut-être sur une chèvre sauvage, aussi appelée chèvre de la Hague et chèvre des fossés. Une espèce à poils longs qui n’a pas toujours été farouche. Jusque dans les années 1970, ce mammifère herbivore était élevé dans les fermes, avant d’être mis en liberté pour nettoyer les landes et haies, puis abandonné. Pour ne pas risquer de voir disparaître ces bovidés, le Conservatoire du littoral a pris des mesures favorisant leur persévération. Il faut aussi prendre le temps de regarder au large, si l’on veut apercevoir des cétacés, à l’instar des grands dauphins, des phoques gris et des marsouins, en pleine danse aquatique.

Une terre protégée

Lieu encore épargné par l’urbanisation - il bénéficie de la protection du Conservatoire, au titre de des espaces naturels sensibles (ENS) -, la bande littorale offre un paysage aux mille visages. Marais, ravins, falaises, platiers rocheux sableux, landes et cordons de galets se côtoient dans la plus pure harmonie. Surprenante, la péninsule haguaise change de couleurs au gré des saisons. En été, le pourpre et le rose domine avec la présence de la callune, petite plante vivace, et de la bruyère cendrée. À l’automne, ces fleurs laissent leurs places à l’ajonc de Le Gall et à la fougère aigle, qui composent un nuancier de jaune et de vert.

Un paysage poétique contrastant avec la couronne de pierres sèches, ceinturant les champs. Une terre hors du commun qui mérite que l’on s’y attarde.