Fermé par une flèche sableuse, l’estuaire de la Sienne offre, sur plus d’un millier d’hectares, un paysage à couper le souffle. Mais c’est à marée basse que le tableau dévoile ses plus belles couleurs : l’ocre des larges bancs de sable et le vert des prés salés pâturés. Un havre de paix et un refuge hivernal sur la route migratoire pour plus de 200 espèces d’oiseaux aquatiques.
Pour apercevoir la mouette rieuse, le goéland cendré et son cousin argenté, mieux vaut se rendre à Regnéville entre décembre et février. Dans les roseaux qui poussent au fond du havre, les migrateurs établissent leur nid et cohabitent avec les canards marins, à l’image des plongeons et des grèbes, présents toute l’année. Mais dans le havre de Regnéville, la grande star – devenue emblématique – reste la sous-espèce américaine de la bernache cravant, une petite oie de couleur sombre qu’on ne trouve nulle part ailleurs en France. Une colonie de plus de 1 000 oiseaux qui s’installe dans la baie entre octobre et avril, puis retourne dans les terres arctiques pour nidifier dès l’arrivée des beaux jours.