Originaire d’Europe et d’Asie, le loup gris commun ne se rencontre presque plus en Europe de l’Ouest. Au début du 20e siècle, l’espèce disparaît même complètement du sol français. Protégé en Italie depuis les années 1970, celui qu’on surnomme le « loup européen » est pourtant parvenu à revenir naturellement depuis les Alpes du Sud. En France, sa population est aujourd’hui estimée à près de 300 individus. Espèce la plus courante, on le compare souvent à certaines races de chiens, comme le husky de Sibérie. Le loup gris se distingue à sa tête plus large, ses longues pattes pourvues de larges pieds et sa queue droite et tombante. 

Autre particularité propre à tous les loups : ils vivent principalement en meute et à l’écart de l’homme. Le loup européen chasse habituellement le mouflon, le chevreuil, le cerf, le chamois et le sanglier. Mais il arrive aussi que ce grand carnivore s’attaque aux troupeaux. Pour limiter les dégâts qu’il peut causer, les bergers ont donc réintroduit les patous. Ces grands chiens à poils blancs, qui protègent les cheptels depuis le Moyen-Âge, s’étaient peu à peu éclipsés avec la disparition de ces grands prédateurs.

Le loup-garou, le grand méchant loup : le loup est l’objet de nombreux fantasmes. Premier homme à l’avoir filmé à l’état sauvage en France, Jean-Michel Bertrand décrit pourtant les meutes comme organisées et structurées : « C’est avant tout un être besogneux entièrement dévoué au bien-être et à l’éducation des louveteaux. C’est un grand prédateur au sommet de la chaîne alimentaire : il ne peut pas se permettre d’être en surnombre », souligne Jean-Michel Bertrand. Le retour d’une espèce clef de voûte, partie prenante de l’équilibre naturel et la biodiversité dans les Alpes.