Au Mexique, qui dit fête, dit piñatas garnies de sucreries mais aussi et surtout : mariachis, dont le nom définit à la fois les musiciens et le style de musique. Incontournables, ils sont de toutes les célébrations : baptêmes, mariages, anniversaires… Certains hommes les convoquent également pour demander la main de leur dulcinée. Vous l’aurez compris, plus que n’importe quelle autre fanfare traditionnelle, les mariachis, seuls ou accompagnés de danseuses, ponctuent le quotidien des Mexicains, donnant ainsi le tempo à tout un pays.

L’âme du Mexique

Au coeur des grandes villes comme dans les villages de montagne reculés, les mariachis se donnent en spectacle aux quatre coins du Mexique. Si la fête reste leur prétexte favori pour sortir leurs instruments et chanter, il leur arrive régulièrement de se poster, sans raison particulière, dans un restaurant, à l’angle d’une rue passante ou au centre d’une « plaza », comme la célèbre Garibaldi à Mexico. Simplement pour la beauté du geste et le plaisir de donner de la joie aux passants. Certains d’entre eux, emportés par la cadence, n’hésitent pas à glisser quelques « pesos » aux musiciens pour qu’ils leur jouent la chanson de leur choix. Impossible donc de passer à côté des mariachis lors d’un séjour au Mexique. D’autant qu’aux mélodies entêtantes s’ajoute leur costume pittoresque : le « charro ». Hérité des tenues portées par les premiers cavaliers nationaux, ce dernier se compose d’une veste courte, d’un large noeud papillon et d’un pantalon ajusté. Le tout orné de dorures et surmonté de l'incontournable coiffe mexicaine : le sombrero ! Un concentré de traditions et de festivités, c’est la recette du succès des mariachis.

Des origines nébuleuses

Si le coeur des habitants bat à l’unisson pour la musique mariachi, quand il s’agit d'élucider ses origines, les dissonances se font sentir. Malgré de nombreux débats, tous s’accordent néanmoins sur le fait qu’il s’agit d’une rencontre fructueuse entre divers univers musicaux. Plus particulièrement, entre celui des indigènes mexicains et celui des colons espagnols, qui apportèrent les instruments à cordes. Dont la guitare, indispensable à l'exécution du célèbre flamenco andalou. Sans oublier, l’apport des esclaves venus d’Afrique. Enrichis de toutes ces nouvelles couleurs musicales, les Mexicains donnèrent naissance, au 19e siècle, à ce style inimitable, symbole du brassage culturel national.