L’histoire débute en Métropole. Marjorie, titulaire d’un diplôme de droit, et son mari, agent de la fonction publique, nourrissent des envies d’ailleurs. Par chance, la mutation de Nicolas est acceptée. Direction la Martinique et ses mille et une fleurs, « notre premier choix », rappelle la jeune femme.

Des panoramas grandioses

Eux qui rêvaient de grands espaces ne sont pas déçus. Entre végétation luxuriante et plages de sable fin, la famille est très vite à son aise. S’ils s’établissent à Schoelcher, en périphérie de Fort-de-France, c’est le nord de l’île, dominé par la montagne Pelée, qui ravit leur coeur. « Cette région possède un caractère sauvage et authentique avec sa forêt tropicale et ses côtes volcaniques ». Des instantanés qu’ils gravent dans leur mémoire au fil de la route de la Trace. Un itinéraire emblématique le long duquel se trouve le jardin Balata et ses végétaux exotiques, très appréciés par les enfants du couple. D’ailleurs, comme le rappelle Marjorie, la Martinique mérite amplement son surnom. « Les fleurs sont partout. Le climat est tellement humide que la moindre graine qui tombe par terre germe. Même notre jardin, dont on ne s’occupait pas spécialement, débordait d’alpinias et de roses de porcelaine. C’est très impressionnant ». Coquette, la Martinique se renouvelle au fil des jours comme pour mieux les surprendre et continuer de les séduire. « Vous redécouvrez sans cesse des lieux qui vous sont familiers car, d’une saison à l’autre, les paysages changent complètement d’apparence », explique la jeune femme. Quant aux immuables couchers de soleil qu’elle contemplait depuis sa terrasse, ils demeurent l’un de ses plus beaux souvenirs.

Une culture haute en couleurs

De nature timide, Marjorie appréhendait quelque peu son acclimatation et son intégration sur l’île. Des craintes vite balayées car comme elle s’en souvient « dès que nous avons posé le pied sur le tarmac, nous avons tout de suite ressenti le sens inné de l’hospitalité des Martiniquais ». Une spontanéité qui lui manque aujourd’hui. « Nous venons d’arriver dans une nouvelle région, en Isère, et nous nous rendons compte que ce n’est pas facile de nouer des contacts contrairement en Martinique, où les habitants sont très chaleureux. Même s’ils ne vous connaissent pas, ils viennent vers vous et vous demandent si vous allez bien et si vous avez besoin d’aide ». Car là-bas, « on prend le temps de vivre et de se connaître ». Toute cette générosité et cet enjouement transparaissent à travers leur culture, dont le moindre pan laisse entrevoir le passé tumultueux de l’île. Á l’image du créole martiniquais hérité de la période de l’esclavage. Mais la Martinique ce sont aussi des plats épicés que l’on partage en famille ou entre amis. « Tous les dimanches, nous achetions un poulet boucané et nous partions à la plage ». Marjorie continue d’ailleurs de cuisiner martiniquais. « Cela ravive nos souvenirs », confesse-t-elle. Des souvenirs, le couple compte bien s’en créer de nouveaux. « Nous espérons repartir dans les Antilles dans deux ans ». En attendant, toute la famille rejoindra pour trois semaines la Guadeloupe, à la fin de l’année 2017. Des voyages que Marjorie, reconvertie en rédactrice web et photographe reporter, ne manquera pas d’immortaliser sur son blog .