Les taxis Coccinelle verts de Mexico, ces petits bolides qui traversent la ville à toute allure, ça ne vous dit rien ? Verts, certes mais, polluants incontestablement même s'ils ne sont pas les seuls responsables ! Située au creux d'une vallée en haute altitude, Mexico semble cumuler les mauvais points. Une des causes : l'absence de vent empêche l'air de cirucler et la ville de respirer. La mairie n'a pas baissé les bras pour autant, la ville s'est métamorphosée en quelques années et continue depuis ses efforts en faveur de l'environnement.

Le projet d'une ville plus respirable

Au regard des indices de pollution enregistrés, on imagine que faire prendre les transports en commun aux 24 millions d'habitants (9 millions en centre ville) et faire en sorte qu'ils laissent leur voiture au garage ne sont pas choses aisées. Metrobús, un réseau de bus propres quadrille désormais les rues principales de la ville pour des déplacements intra-muros plus rapides et efficaces. Dans le but d'alimenter les initiatives environnementales, la ville s'est dotée d'une cinquantaine de kilomètres de pistes cyclables et les bicyclettes en libre-service constellent les trottoirs mexicains. Et ce n'est pas tout, l'auto-partage qui prendra la forme d'un système de voitures en libre-service mis en place par la ville devrait voir le jour d'ici peu. L'objectif de la mairie est de désengorger la ville et de lutter contre les embouteillages monstrueux qui la paralysent et la rendent nocive pour la santé.

Véhicules propres à l'honneur

Le programme "hoy no cirucula" ("aujourd'hui on ne circule pas") vise à empêcher la circulation des voitures et des camions de plus de 15 ans d'ancienneté à l'empreinte carbone un peu lourde. Depuis le 1er juillet dernier, cette restriction a lieu un jour par semaine, le samedi et provoque un tollé chez les automobilistes qui utilisent leur véhicule à des fins professionnelles comme les taxis qui ont bénéficié depuis d'un assouplissement. Il s'agit de repenser la ville en créant de nouveaux espaces de circulation et de signifier aux habitants de Mexico que le tout automobile n'est pas une fin en soi.

Du "plan vert" à la loi sur le changement climatique

Après le lancement du "plan vert" à Mexico en 2007 qui visait à nettoyer la ville et à améliorer la qualité de vie de ses habitants, la mobilisation est devenue nationale puisque le Mexique a adopté la loi générale sur le changement climatique qui compte réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30% d'ici à 2020 et de 50% d'ici à 2050 par rapport au niveau de l'an 2000 (source OCDE). Une initiative qui va dans le sens de l'organisation de la conférence sur le changement climatique à Cancun en 2010. Le Mexique s'implique dans la préservation de son environnement, c'est indéniable, reste à savoir si le pays sera en mesure de tenir les impératifs de la législation. Un pari que l'on aimerait voir relevé !