Si les plages dorées des Cyclades et l'irrésistible archipel du Dodécanèse lui volent la vedette, Lesbos ne s’offusque guère. Mieux, elle s’en félicite. Loin de l’agitation, l’île préserve ainsi sa nature luxuriante, au milieu de laquelle viennent nicher les oiseaux migrateurs.

Un cadre sauvage

D’origine volcanique, Lesbos affiche un visage escarpé. Ses côtes dentelées semblent ainsi protéger son plus précieux trésor : sa végétation. Couverte d’un manteau verdoyant dont les nuances varient au gré de l’ensoleillement, l’île s’enrubanne dans les odeurs boisées des pins et des oliviers. Ces derniers sont d’ailleurs près de 12 millions. Le printemps venu, les fleurs pointent le bout de leurs corolles, illuminant le sol à la faveur de leurs couleurs. Anémones, orchidées, muscaris…toutes révèlent leurs plus beaux attraits. Un cadre naturel d’exception préservé de l’empreinte de l’homme.

Repaire des oiseaux

Située sur la route des oiseaux quittant l’Afrique de l’Est, terre de la culture swahilie, et le bassin du Nil pour rejoindre l’Europe, Lesbos est une fabuleuse escale pour les vertébrés ailés. Sa végétation et ses zones humides sont, pour ces derniers, l’occasion de se dégourdir les pattes avant de poursuivre leur long périple. Leur lieu de prédilection ? Le golfe de Kalloni. Presque entièrement fermé sur lui-même, il forme une sorte de gigantesque mer intérieure, occupant le centre de l’île. Cernée de marécages et de salines, cette vaste baie constitue un écosystème propre à l’épanouissement des volatiles. Hérons, mouettes, cigognes noires et flamands roses se partagent notamment cette zone. Á cela s’ajoutent les oiseaux sédentaires, comme la sittelle de Krüper. Un petit oiseau bleu gris qui affectionne tout particulièrement les pinèdes. Au total, l’avifaune (l’ensemble des oiseaux) de Lesbos compte près de 320 espèces. Une diversité qui place l’île au panthéon des meilleures destinations européennes pour l’observation ornithologique.