La communauté de colobes roux a investi Unguja, l'île principale de l'archipel de Zanzibar. Protégés et étudiés dans le seul parc national du territoire : le parc national de Jozani Chwaka Bay, la joyeuse bande s'épanouit dans les forêts, les mangroves mais aussi dans des zones plus sèches. S'ils n'ont pas conscience de leur statut d'espèce en danger selon l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), des initiatives naissent pour favoriser leur défense et encourager leur protection.

Ça ressemble à quoi une tête de colobe roux ?

"Je suis roux avec trois poils sur le caillou", si on lui donnait la parole, voilà comme il pourrait succinctement se décrire mais rajoutons-lui quelques caractéristiques physiques qui font de cet animal une espèce endémique. Son pelage se décline en trois couleurs : son ventre est blanc ainsi que le dessus de sa tête, au bout du 6e mois son dos devient majoritairement roux et quelques taches noires viennent parsemer sa garde-robe. Quant à son visage, une petite touche de rose dessine son nez et sa mâchoire. Le frêle animal ne pèse qu'entre 8 et 12 kg, ainsi il déploie des talents d'agilité qu'un gorille de 150 kg pourrait lui envier. Son poids va avec sa petite taille : il ne dépasse pas les 80 centimètres. Sa très longue queue rousse lui apporte équilibre et stabilité dans ses mouvements.

Une espèce à part

Plus rarement appelé Piliocolobus kirkii, le colobe roux de Zanzibar est unique à bien des égards : non seulement son pelage est particulier et même s'il en existe des similaires, le sien reste incomparable à celui d'autres espèces même proches. En revanche, on repère que l'ensemble des colobes ne dispose pas du pouce préhenseur qui permet à la main un mouvement de pince, rapprochant le singe de l'homme. Qui a dit malin comme un singe aurait pu spécifier "comme un colobe roux de Zanzibar", ce dernier ménage sa digestion en ingurgitant du charbon de bois trouvé sur les troncs de cultures brûlées, ainsi il élimine plus facilement les toxines et peut manger, bouger toute la journée sans passer par le régime cinq fruits et légumes par jour !

Le colobe roux, un singe unique à protéger

Les zanzibarites ne sont pas toujours bienveillants à l'égard du colobe roux qui semble pourtant avoir toutes les qualités de mignonnerie et de drôlerie pour nous attendrir. Baptisé le " singe-poison " en raison de sa forte odeur corporelle, en parallèle, il se nourrit continuellement de feuilles et de jeunes pousses. Par conséquent, il abîmerait régulièrement son propre habitat et détruirait la flore aux alentours ce qui desservirait les activités des habitants de l'archipel. Néanmoins, le mal-aimé qui vit dans une collocation à ciel ouvert (organisation en bande de 30 à 50) est le sujet de toutes les attentions, l'espèce est étudiée et observée de près pour maintenir sa présence sur l'île. Plusieurs introductions de l'espèce ont été déjà réalisées avec plus ou moins de succès et le parc national Jozani Chwaka Bay les accueille en nombre pour s'assurer de leur préservation.