Après la polonaise Wroclaw et la basque San Sebastián, en 2016, le titre de capitale européenne de la culture se conjugue de nouveau au pluriel. Cette année, la danoise Aarhus partage les honneurs avec Paphos, dont le thème du mandat reflète l’histoire mouvementée de Chypre : « lier les continents, créer des ponts entre les cultures ». Un programme placé sous le signe de l’union pour une île de l’amour.

Paphos, l’amour antique

Paphos, un nom à jamais lié à la mythologie grecque. La légende raconte que la déesse de l’amour Aphrodite aurait émergé de l’écume de la mer, en 1200 av. J.C., sur la plage de Petra tou Romiou, au sud-ouest de la ville. Séduite par la beauté envoûtante des lieux, celle-ci y aurait élu domicile. Véritable sanctuaire antique, la ville entretient le culte de sa déesse. Depuis les vestiges du sanctuaire de Koulia, en passant par la grotte où elle se baignait nue à l’ombre d’un figuier et les mosaïques de la maison de Dionysos, Paphos est une ode à la belle grecque. Il est ainsi possible d’emprunter « la route d’Aphrodite » pour suivre ses mythiques déambulations.

La culture, ciment unificateur

Au carrefour de l’Orient et de l’Occident, l’île de Chypre et sa position stratégique attisent, au fil des siècles, la convoitise de nombreuses civilisations. Hellénique, romaine, byzantine, arabe, ottomane ou encore britannique, cette dernière a changé de nationalité au gré des invasions. Un passé tourmenté dont l’organisation bipartite de l’île se fait aujourd’hui encore le témoin. Désormais grecque au sud, turque au nord, Chypre peine à trouver son identité. Tout au long de son mandat de capitale européenne de la culture, Paphos mettra un point d’honneur à unifier son île. Elle mise notamment sur la restauration d’un ancien caravansérail turc. Cette enceinte fortifiée, où marchands et voyageurs de tous horizons pouvaient faire une halte, a été transformée en un centre culturel turco-grec. Cette réhabilitation est un véritable retour aux sources pour ce lieu où dialoguaient autrefois les hommes de divers continents. En son coeur, trône désormais la « table de l'unification », une oeuvre d’art qui milite pour l'alliance des peuples. Et notamment des Chypriotes.

En 2017, la capitale européenne de la culture Paphos tirera le fil d’amour initié par Aphrodite pour mieux fédérer les peuples.