Partagé entre les régions de la Calabre et du Basilicate, au sud du très prisé Gargano, le parc national du Pollino court sur 2 000 km². Une superficie qui lui vaut de décrocher la palme du plus grand parc national italien, devant le Grand Paradis. Pourtant, à sa création en 1985, il n’est alors que parc régional. Ce n’est qu’en 1991 qu’il change de statut. La raison ? Protéger les derniers pins de Bosnie d’Italie. Des conifères qui sont d’ailleurs devenus l’emblème du parc.

La nature virginale

Son nom, le parc le doit au massif du Pollino qui le traverse, lui-même le tenant du latin « mons Apollineus » signifiant « mont d’Apollon ». Considérée comme la demeure du dieu de l’Amour durant l’Antiquité, cette région semble avoir conservé son aura divine. Pour preuve, la nature y est aussi belle qu’aux premières lueurs du monde : les fleuves et rivières ondulent en de longs filets cristallins, les chênaies ploient sous leurs abondantes frondaisons, les prairies verdoyantes s'enorgueillissent de fleurs colorées… Des instantanés bucoliques dont la nature nous glorifie, entre deux monologues. Seul personnage de cette grande mise en scène, elle dicte ici sa loi. En certains endroits, il lui arrive, d’ailleurs, de dévoiler une facette plus âpre. La terre se déchire alors sous ses pieds, laissant entrevoir ses entrailles. Les gorges du Raganello en sont la parfaite illustration.

La cohésion entre l’homme et la nature

Pas moins de 56 communes se situent dans l’enceinte du parc national du Pollino. Pourtant, c’est comme si personne n’y avait jamais posé le pied. Bien sûr, il y a des maisons, mais celles-ci se fondent si bien dans le décor, s’accrochant aux parois rocheuses, qu’on les croirait volontiers inhabitées. Des sortes de trompe-l’oeil qui flattent l’imaginaire. C’est dire la relation que les habitants entretiennent avec l’environnement. Parmi les villages typiques, celui de Morano Calabro, dont les demeures en pierres épousent à merveille les courbes d’une colline.