Dotée de paysages époustouflants, à l’image de Big Sur et de ses côtes déchiquetées, la Californie développe très tôt une conscience environnementale. En 1997, elle est le premier État à appliquer le protocole de Kyoto, alors que les États-Unis refusent de le signer. À l’échelle locale, la ville de San Francisco poursuit l'engagement écologique fédéral. En 2002, la « City of The Bay » s’attaque à un problème majeur engendré par la société de consommation : les déchets. Elle initie alors un programme ambitieux : le « Zero Waste ».

Quid du « Zero Waste »

Derrière l’expression « Zero Waste », se cache deux ambitions chères à la ville de San Francisco. Signifiant « zéro déchet » et « zéro gaspillage », cette dernière met l’accent sur le recyclage et sur la limitation du gâchis alimentaire comme celui des ressources naturelles. Un plan biparti qui, pour être mené à bien, a nécessité de repenser et d’industrialiser toute la chaîne de gestion des déchets. Exit les décharges et les incinérateurs. Deux grands centres de traitements ont vu le jour : Pier 96, où transitent les déchets recyclables (papier, carton, certains types de plastique, etc.) et l’usine Jepson Prairie Organics, centre de compostage qui revend son engrais naturel aux agriculteurs. En une dizaine d’années, San Francisco a développé toute une économie liée au recyclage, qui a généré de nombreux emplois.

Un quotidien placé sous le signe du recyclage

Parce que les déchets sont produits par les entreprises (privées ou publiques) comme les habitants, tous ont un rôle à jouer pour parvenir à l’objectif fixé par San Francisco. Leur quotidien a donc évolué au fil des années pour répondre aux enjeux du « zero waste ». Depuis 2009, le tri sélectif est obligatoire. Chaque foyer dispose désormais de trois poubelles : une verte pour les déchets organiques, une bleue pour les recyclables et une noire pour le reste.

Si la plupart des citoyens sont bons élèves, à l’image des Johnson, une famille zéro déchet, les autres se voient recevoir une leçon sur l’importance du tri par les éboueurs. Quant aux plus récalcitrants, ils peuvent même être pénalisés financièrement. Les habitudes urbaines ont elles aussi connu leur lot de changements. À commencer par les sacs plastique à usage unique distribués dans les magasins. Depuis 2002, ces derniers sont remplacés par des sachets en papier.

Entre pédagogie et mesures législatives, San Francisco est parvenue à transformer ses acteurs en experts du recyclage. Un exemple d’initiative positive sur lequel il convient de poser un regard attentif.