Sec et brûlant, le sirocco prend vie au coeur de l’un des plus beaux déserts au monde. Un cadre magistral qu’il abandonne pourtant, s’envolant vers d’autres contrées. Après tout, ne dit-on pas libre comme l’air ?

Du Sahara au Maghreb

Dunes ocre et rouges, terres brûlées par le soleil et oasis bénies, tels sont les premiers paysages survolés par le sirocco. Impétueux, ce vent se déchaîne entraînant des tempêtes avant de s’enfuir vers d’autres horizons, les bras chargés de sable. Animé par une éternelle soif de liberté, le sirocco met le cap vers le Maghreb. Á peine a-t-il effleuré les cimes de l’Atlas et franchi la frontière marocaine qu’il se voit doté d’une nouvelle appellation : le chergui. Déferlant à plus de 100 km/h, il assèche les plaines côtières et affole le mercure, qui dépasse alors les 45 C°. Un vent étouffant dont les habitants se protègent, à l’abri derrière les murs des médinas ou dans les jardins orientaux, bulles de verdure et de fraîcheur. Parmi les plus apaisants ? Celui de Majorelle et son bleu intense, à Marrakech. Infatigable, le sirocco se répand également sur l’Algérie et la Tunisie avant de quitter l’Afrique pour les rivages méditerranéens.

De l'Andalousie à la Corse

C’est avec la même fougue que le sirocco déferle sur la nonchalante Andalousie. Un assaut brutal qui sort, notamment, Cadiz de sa douce léthargie. Comme attiré par les charmes orientaux de Séville, le vent s’enfonce ensuite dans les terres en direction du nord. Un long périple aérien qui le mène jusqu’aux côtes méridionales de la Corse. Á l’extrémité de l’île de beauté, perchée sur sa falaise, Bonifacio est sans doute l’une des premières à le voir surgir sans crier gare. La cité fortifiée n’a alors pas d’autre choix que de se retrancher et d’attendre qu’il s’essouffle. La puissance du sirocco le mène encore plus loin, dans la vallée de Rizzanese. C’est là qu’il atteint « la plus corse des villes corses », celle qui est restée fidèle à sa culture : Sartène. Qu’importe son intensité, jamais le sirocco n’est parvenu à balayer l’attachement des habitants à leurs traditions. Peut-être parce qu’il fait lui-même parti de l’identité de la région au même titre que toutes celles qu’il traverse.