Rien qu’en France, on estime à 33 000 tonnes les déchets sauvages. Face à cette abondance, qui parasite les plus beaux sites au monde, Antoine, voyageur dans l’âme, prend l'habitude de les ramasser. Un jour aux abords de la cité historique de Petra, son sac plastique se déchire. L’idée lui vient alors d’en créer un plus solide mais surtout réutilisable. C’est ainsi, qu’il crée GreenTrek, en 2011, avec trois amis globe-trotteurs. La vocation de cette association ? Promouvoir « un tourisme éco-responsable accessible à tous ».

Le sac, l’accessoire phare de GreenTrek

GreenTrek, c’est avant tout un sac dédié au ramassage des déchets. Distribué gratuitement le long d’une quinzaine de GR français, comme le chemin de Stevenson, il est réutilisable. Le coton utilisé pour sa fabrication est certifié issu de culture biologique. Noir, orné de la mention « ramasseur volontaire » en vert fluo, il s’agit d’« un outil simple pratique et utile que les personnes peuvent emporter au cours de leurs randonnées », rappelle Antoine Dary. À leur épaule ou en bandoulière, les marcheurs n’ont plus qu’à tendre la main pour œuvrer en faveur de la planète tout en s’adonnant à leur loisir. Un geste accessible à tous et surtout concret, pour des « éco-héros » du quotidien, une expression chère à l’association. Quoi de plus satisfaisant pour les randonneurs-ramasseurs que de se rendre compte que le chemin qu’ils empruntent est plus propre après leur passage ?

L’écologie à la portée de tous

« Défendre la pratique d’une écologie facile, accessible et fédératrice », tel est le leitmotiv de GreenTrek. Prendre un sac et se baisser,« c’est un acte qui ne demande pas beaucoup d’efforts individuels, mais qui à l’échelle collective présente un véritable impact environnemental. » Et visiblement, la démarche séduit. Forts de partenaires nationaux, comme la Fédération Française de Randonnée, et locaux comme le label gersois Terra Gers qui oeuvre pour un tourisme durable, en l’espace de quatre campagnes annuelles, l’association est passée de 1 000 sacs distribués à plus 30 000 sacs. Quant à la collecte, elle s’avère également très fructueuse avec 30 tonnes de déchets ramassés. Un succès qui ne semble pas surprendre Antoine : « GreenTrek, c’est l’écologie qui rassemble tout le monde et ne divise personne ». Même s’il confesse qu’au départ le pari n’était pas gagné, beaucoup de personnes ne souhaitant pas ramasser les déchets des autres. Aujourd’hui, « les consciences sont en train de changer ». Une mutation que l’association compte bien accompagner mettant ses sacs à disposition tout au long de l’année dans les départements français.

Mais l'association voit encore plus loin. Présente à l’étranger, notamment dans la région flamande, en Belgique, et dans l’Atlas marocain, GreenTrek travaille à étendre sa présence à l’international. D’où un nom anglo-saxon « pour que le monde s’approprie notre démarche », conclut Antoine.