Si Victorien Erussard, coureur au large, délaisse, aujourd’hui, les podiums c’est pour soutenir une cause qui lui est chère : l’environnement. « Je suis sorti de la compétition pour faire avancer les choses car quand on a l’amour de la course au large, on a l’amour de la technologie, de l’innovation et de la nature bien sûr. En devenant capitaine d'Energy Observer, je mets ma passion et mon expérience professionnelle au service de la transition écologique », explique-t-il.

Un laboratoire flottant

Si Energy Observer revêt une allure futuriste, c’est que le navire expérimente l’avenir. Ce géant des mers, 30.5 m de long sur 12.80 m de large, concentre « des bribes de technologies innovantes qui s’assemblent pour viser l’autonomie énergétique », reprend son capitaine. Le carburant nécessaire à son fonctionnement est ainsi exclusivement fourni par la nature. Pour ce faire, près de 130 m² de panneaux solaires, deux éoliennes ainsi qu’un cerf-volant de tractation ont pris place à bord. Une « mixité énergétique » à laquelle s’ajoute « plusieurs formes de stockage parant les problèmes d’intermittence liées aux énergies renouvelables ». Le bateau est ainsi doté d’une technologie lui permettant de produire de l’hydrogène décarboné à partir de l’eau de mer désalinisée. Mais aussi de l’emmagasiner. Alimentant, si besoin est, une pile à combustible, « l'hydrogène agit en prolongateur d’autonomie » explique Victorien. Véritable pionnier maritime en matière de technologies durables, « Energy Observer n’est pas seulement un navire zéro émission de CO2, il est également zéro émission de particule fine ». Autant d'innovations scientifiques qui lui valent d’être surnommé « le Solar Impulse des mers », en référence à l’avion solaire à bord duquel l’aventurier Bertrand Piccard, initiateur du projet, a fait le tour du monde entre 2015 et 2016. Une comparaison d’autant plus flatteuse que la Solar Impulse Foundation compte parmi ses partenaires.

Un tour du monde des innovations en faveur de la planète

Accompagnés par son chef d’expédition, l’explorateur Jérôme Delafosse, Victorien Erussard et Energy Observer ont quitté le port de Saint-Malo pour mettre le cap vers Paris, première escale de leur tour du monde, en juillet dernier. L’occasion pour le navire d’être baptisé par ses parrains : Florence Lambert, directrice du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et Nicolas Hulot, qui « soutient le projet depuis sa genèse », rappelle le skipper. Avant de se lancer à l’assaut des mers du globe, le navire sillonnera les littoraux français de Cherbourg en passant par Bordeaux, ville de l’innovation, ou encore Marseille et Monaco, fin décembre 2017. Période à partir de laquelle, il voguera vers l’Europe du nord. Au total, Energy Observer fera 101 escales et jettera l’ancre dans 50 pays à travers les cinq continents. Une épopée titanesque de six années au cours desquelles, Victorien et Jérôme Delafosse partiront « à la rencontre des personnes qui oeuvrent pour un futur plus propre plus durable, apportant des solutions novatrices dans divers domaines : agriculture, économique, éducation, énergie… ». Autre de leurs missions : la sensibilisation du grand public. Un « village » sera ainsi installé dans chaque port d’accueil. Les personnes pourront notamment visionner des documentaires sur la transition énergétique, réalisés par l’équipe en partenariat avec Canal +.

Véritable « média pour la planète », Energy Observer se prépare à promouvoir « le réseau énergétique du futur » lors de cette aventure au long cours dont Victorien Erussard se languit déjà.